Les craintes grandissent concernant l'or allemand détenu aux États-Unis sous le second mandat de Trump

by NousLiveInDE
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Les inquiétudes concernant les coffres-forts étrangers refont surface dans un contexte d'incertitude politique

Un nouveau débat politique s'ouvre en Allemagne sur la sécurité de ses réserves d'or stockées à l'étranger, notamment les 1,244 117 tonnes conservées sous Manhattan, dans les coffres de la Réserve fédérale de New York. Alors que l'ancien président américain Donald Trump entame un second mandat, des critiques en Allemagne expriment d'importantes inquiétudes quant à la possibilité que cet or, d'une valeur de plus de XNUMX milliards d'euros, ne soit plus en sécurité sous une administration américaine de plus en plus imprévisible.

Ce stock d'or, équivalent à près de 100,000 12.5 lingots standard de 13 kilos, représente plus d'un tiers des réserves totales de l'Allemagne. Le reste est réparti entre Francfort, où est stockée environ la moitié, et Londres, qui détient XNUMX % des avoirs de la Bundesbank. Les appels au rapatriement de cet or s'intensifient, alimentés par la crainte que Trump ne porte atteinte à l'indépendance de la Réserve fédérale américaine et n'utilise potentiellement l'or détenu à l'étranger comme un outil géopolitique.

L'influence de Trump sur la Fed suscite l'inquiétude

Le débat, autrefois réservé aux experts financiers et aux cercles nationalistes, a gagné le grand public politique. Markus Ferber, député européen de la CSU, a publiquement averti que Trump pourrait élaborer des stratégies « créatives » pour gérer l'or étranger stocké sur le sol américain. Cet avertissement reflète une inquiétude plus générale à Berlin : si l'exécutif américain devait exercer un contrôle sur la Réserve fédérale, les réserves de la Bundesbank à New York pourraient théoriquement tomber sous la juridiction directe ou indirecte des États-Unis.

Les attaques verbales répétées de Trump contre le président de la Fed, Jerome Powell, et son historique de remise en cause de l'indépendance institutionnelle alimentent ces inquiétudes. Si la Bundesbank conserve actuellement sa confiance envers ses partenaires américains, ses détracteurs soulignent que la confiance seule pourrait ne pas constituer une garantie suffisante dans le climat géopolitique actuel.

La Bundesbank défend le statu quo, les critiques exigent des mesures

Malgré le malaise croissant, la Bundesbank a jusqu'à présent résisté aux appels à modifier sa stratégie de stockage. Le président Joachim Nagel a récemment déclaré aux journalistes que cette question ne le dérangeait pas et a exprimé sa pleine confiance en la banque centrale américaine. L'institution affirme que la sécurité et l'accessibilité au marché demeurent les principaux critères de sélection des lieux de stockage, et que New York continue de répondre à ces exigences.

Cependant, des voix politiques et de la société civile continuent de faire pression sur la Bundesbank. L'Association européenne des contribuables et la Fédération allemande des contribuables ont adressé des lettres officielles au ministère des Finances et à la Bundesbank, les exhortant à réévaluer les dispositions actuelles. « Ramenez notre or chez nous », a exhorté le président de l'Association, Michael Jäger, qui a souligné le risque stratégique croissant que représente la détention de richesses nationales à l'étranger en période de tensions internationales.

Les racines historiques du stockage à l'étranger sous surveillance

La présence d'or allemand à l'étranger n'est pas nouvelle. Après la Seconde Guerre mondiale, l'Allemagne ne disposait d'aucune réserve d'or. Avec la croissance économique d'après-guerre, l'or fut accumulé pour financer les excédents commerciaux, notamment en dollars, mais le métal physique n'était jamais expédié en Allemagne. La Réserve fédérale américaine en transférait la propriété sur des comptes au nom de la Bundesbank, laissant les lingots à New York.

Pendant la Guerre froide, stocker de l'or dans les pays alliés était considéré comme une stratégie de sécurité. Une avancée soviétique en Europe occidentale aurait pu mettre en péril les réserves allemandes de Francfort, rendant ainsi logique le stockage aux États-Unis et au Royaume-Uni. Mais les critiques affirment que cette logique n'est plus adaptée au contexte stratégique actuel, notamment compte tenu de l'imprévisibilité de l'administration américaine actuelle.

Les efforts de rapatriement passés créent un précédent

Ce n'est pas la première fois que les inquiétudes concernant le stockage à l'étranger de l'or allemand atteignent la scène nationale. Entre 2013 et 2016, l'Allemagne a rapatrié 300 tonnes d'or, principalement de New York, vers Francfort. La Bundesbank avait initialement résisté aux demandes d'audit ou d'inspection des lingots, invoquant les coûts et des sensibilités diplomatiques. Cependant, sous la pression, elle a organisé le transport par étapes discrètes, par avion pour livrer les lingots, dont l'authenticité a ensuite été vérifiée et stockée dans des coffres-forts agrandis à Francfort.

Ces efforts ont conduit à un renforcement de la sécurité intérieure et à des modifications des infrastructures de stockage, notamment la conversion d'anciens centres de données en coffres-forts. Malgré cette expérience, aucun nouveau déménagement à grande échelle n'a eu lieu ces dernières années.

Les investisseurs privés reflètent les inquiétudes officielles

La vague d'inquiétude actuelle ne se limite pas aux institutions. Les particuliers fortunés et les entités financières ont également commencé à transférer leur or hors des États-Unis, anticipant une possible instabilité économique ou politique. Initialement, après la réélection de Trump, de nombreux investisseurs ont transféré leur or vers des entrepôts new-yorkais comme le COMEX pour éviter les droits de douane et profiter de prix avantageux. Mais mi-2025, cette tendance a commencé à s'inverser. Des rapports suggèrent désormais que les particuliers fortunés transfèrent de plus en plus leur or vers des juridictions considérées comme plus stables politiquement, comme Singapour.

Ce changement reflète une incertitude plus large quant à la fiabilité de la gouvernance américaine sous l'influence de Trump. Dans un cas notable, souvent cité dans les médias allemands, le Venezuela n'a pas pu accéder en 2019 à l'or qu'il avait stocké à la Banque d'Angleterre en raison d'inquiétudes quant à la légitimité de ses dirigeants et aux implications des sanctions internationales. Pour de nombreux Allemands, la leçon est claire : l'or stocké à l'étranger peut rapidement devenir inaccessible dans de mauvaises conditions.

Sécurité contre souveraineté : le dilemme stratégique

Les partisans du maintien du stockage à l'étranger affirment que le maintien d'une présence dans des places financières comme New York et Londres améliore la liquidité et la flexibilité des échanges internationaux. Le transfert de l'or serait non seulement complexe et coûteux sur le plan logistique, mais pourrait également déclencher des tensions diplomatiques. De plus, la Bundesbank soutient que l'or stocké aux États-Unis peut être rapidement mobilisé sur les marchés mondiaux en cas de crise, un atout essentiel que le stockage national pourrait ne pas offrir aussi efficacement.

Mais la question sous-jacente persiste : est-il encore judicieux de compter sur des institutions étrangères pour protéger les actifs nationaux à une époque marquée par le nationalisme économique et l’évolution des alliances mondiales ?

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