Des prisonniers de guerre nord-coréens cherchent à rejoindre la Corée du Sud : c’est le principal développement récent confirmé par un militant impliqué dans un projet de documentaire. Deux soldats nord-coréens, capturés par les forces ukrainiennes en début d’année, ont confié à un producteur sud-coréen, lors d’entretiens menés fin octobre près de Kiev, leur désir de se rendre au Sud. L’association Gyeore-eol Nation United, qui soutient les transfuges nord-coréens et a contribué à coordonner le tournage, a qualifié cet appel de franc et poignant.
Ce changement est important car, jusqu'à présent, seul l'un des deux avait manifesté son intérêt pour un transfert vers le Sud. En février, un parlementaire sud-coréen qui les avait rencontrés avait rapporté qu'un seul détenu avait exprimé cette intention. Les nouvelles déclarations indiquent que tous deux souhaitent désormais la même chose. Le témoignage de l'activiste décrit également une souffrance psychologique intense après une longue détention, ce qui pourrait expliquer l'urgence de leur demande.
Position antérieure et cheminement vers la nouvelle demande
Les premières informations concernant les deux captifs sont apparues en janvier, lorsque le président ukrainien a annoncé sur internet que les troupes ukrainiennes avaient capturé des soldats nord-coréens dans la région de Koursk, en Russie. Ces hommes appartenaient, semble-t-il, à un contingent nord-coréen déployé en soutien à l'effort de guerre russe. Par la suite, les dirigeants nord-coréens ont salué le personnel déployé, le qualifiant de « héros », tandis que les services de renseignement sud-coréens et des analystes indépendants continuaient de suivre l'évolution des pertes et des mouvements des unités.
En février, le député sud-coréen Yu Yong-weon a rendu visite aux détenus et a déclaré que leur renvoi au Nord équivaudrait à une condamnation à mort. Il a alors indiqué qu'un prisonnier avait exprimé l'espoir de retrouver une vie civile, notamment un foyer et une famille au Sud. Le témoignage actualisé de fin octobre montre que les deux captifs partagent désormais le même objectif. La demande de retour en Corée du Sud formulée par les prisonniers de guerre nord-coréens est maintenant une requête commune, et non plus une divergence d'opinions entre deux individus.
Où sont détenus les prisonniers et qui les a interrogés
Les entretiens ont eu lieu dans un centre de détention près de Kyiv où les prisonniers sont incarcérés depuis début 2025. Selon le témoignage d'un militant, un producteur de documentaires sud-coréen a mené des entretiens filmés avec chacun d'eux. Des photos fournies par des groupes de transfuges montrent les détenus recevant des dons de nourriture et de vêtements lors de la visite. Sur l'une d'elles, un portrait de Kim Jong-un dessiné à la main est visible au-dessus d'un lit dans la chambre.
L'activiste Jang Se-yul, qui dirige une organisation de transfuges, affirme qu'après l'entretien, les deux prisonniers ont immédiatement demandé à être transférés en Corée du Sud. « Des prisonniers de guerre nord-coréens souhaitent rejoindre la Corée du Sud », a-t-il résumé en s'adressant au producteur. Il précise que l'équipe a partagé des messages vidéo et des lettres de transfuges nord-coréens pour encourager les détenus. Les autorités ukrainiennes, ajoute-t-il, ont décrit des signes de détresse psychologique et des tentatives d'automutilation durant leur détention.
Contexte juridique et diplomatique d'un transfert
Le gouvernement sud-coréen a déjà déclaré que sa constitution reconnaît aux Nord-Coréens la citoyenneté sud-coréenne. Les autorités de Séoul ont informé l'Ukraine qu'elles étaient disposées à accueillir les otages si leur intention était confirmée par les voies officielles. Cette déclaration ouvre une possibilité légale, mais ne règle pas les modalités pratiques d'une intervention conjointe de Kiev et de Séoul.
Tout mouvement dépendra des procédures ukrainiennes relatives aux prisonniers capturés sur son territoire ou transférés sous sa garde, ainsi que du droit international et du contexte de guerre. Aucune confirmation publique n'a été faite quant à l'avancement du calendrier de transfert. Les prisonniers de guerre nord-coréens cherchent à être transférés en Corée du Sud. La demande de transfert a été formulée, mais la décision finale revient aux autorités ukrainiennes, et potentiellement aux gouvernements partenaires impliqués dans la gestion des prisonniers en période de conflit.
Comment le déploiement nord-coréen s'est intégré à la guerre
Plusieurs évaluations des services de renseignement réalisées en 2024 et 2025 ont décrit une importante présence militaire nord-coréenne en soutien à la Russie, avec notamment des milliers de soldats déployés à proximité des zones frontalières. Selon un rapport, relayé par des agences sud-coréennes et occidentales, plus de 10 000 soldats nord-coréens auraient été envoyés, en grande partie dans la région de Koursk. Des briefings sud-coréens ultérieurs ont revu ce chiffre à la hausse, l'estimant à environ 15 000 depuis octobre dernier, ce qui indiquerait un déploiement accru au fil du temps.
Les estimations des pertes varient selon les sources. Certains services de renseignement font état d'environ 2 000 soldats nord-coréens tués. D'autres estimations évoquent environ 600 morts et plus de 4 000 blessés. Ces chiffres, dans les deux cas, témoignent de lourdes pertes pour des unités que la Corée du Nord présente sur son territoire comme remplissant une mission essentielle. Les prisonniers détenus en Ukraine appartenaient, semble-t-il, à ces formations, et leur capture les a placés sous contrôle ukrainien pour le reste de l'année.
Traitement, état de santé et demandes relatives à la détention
Lors de leur visite fin octobre, le groupe d'activistes a indiqué que les captifs semblaient physiquement stables, à une exception près. Le soldat qui souffrait d'une blessure à la mâchoire au moment de sa capture montre des signes de guérison, mais présente encore une déformation osseuse. Ils ont demandé, par l'intermédiaire d'intermédiaires, des médicaments pour leurs yeux, des vêtements chauds, des pantalons, des cigarettes, des stylos et des livres. Les autorités ukrainiennes suivraient de près leur état, compte tenu des signes de détresse psychologique.
Le documentaire « Des prisonniers de guerre nord-coréens cherchent à rejoindre la Corée du Sud » n'est pas qu'un simple message politique. Il est intimement lié à la réalité quotidienne de la détention en temps de guerre. L'équipe de production a fourni des produits de première nécessité et recueilli des témoignages pour un documentaire sur les transfuges. Le groupe explique vouloir montrer les conséquences humaines de la décision de la Corée du Nord d'envoyer des troupes à l'étranger, notamment les pressions subies par les soldats lorsque la capture devient probable.
Ordres et pressions signalés par les captifs
Des témoignages recueillis auprès de Sud-Coréens en visite plus tôt cette année décrivent des instructions qui auraient été données à des soldats nord-coréens pour éviter la capture à tout prix, y compris en se suicidant à la grenade s'ils étaient blessés et isolés. Un parlementaire sud-coréen ayant relayé ces allégations a qualifié le rapatriement forcé de condamnation à mort de facto. Le refus de rapatriement par les prisonniers de guerre nord-coréens en Corée du Sud peut être interprété en partie dans ce contexte, où ce refus est perçu par les prisonniers comme un moyen d'échapper à la punition.
Bien que ces informations ne puissent être confirmées indépendamment de sources nord-coréennes, elles correspondent au schéma plus général de contrôle extrême décrit dans d'autres témoignages de soldats faits prisonniers à l'étranger. Les ordres présumés servent à la fois de moyen de dissuasion contre la reddition et d'avertissement quant aux conséquences si un soldat apparaît vivant aux mains de l'ennemi. Cette dynamique confère un caractère d'urgence à toute demande de transfert vers le Sud.
Comment Séoul et Kyiv pourraient procéder à partir d'ici
Si l'Ukraine confirme l'intention des prisonniers par des déclarations officielles et consent à leur transfèrement, Séoul pourrait organiser leur accueil et leur prise en charge conformément à la législation sud-coréenne. La reconnaissance constitutionnelle des Nord-Coréens comme citoyens sud-coréens fournit un fondement juridique à cette procédure. Toutefois, le contexte de guerre implique que les procureurs ukrainiens, les autorités militaires et, éventuellement, les partenaires internationaux doivent vérifier que le transfèrement n'entrave pas les enquêtes en cours ni ne contrevient aux protocoles applicables aux prisonniers.
Les autorités sud-coréennes examineront également les contrôles de sécurité et les examens médicaux des deux hommes. Les prisonniers de guerre nord-coréens cherchent à rejoindre la Corée du Sud. La Corée du Sud décrit leur objectif final, mais les procédures de transit, de vérification d'identité, de débriefing et de réinstallation nécessiteront une coordination. Aucune source ne fait état d'une date précise ni d'un accord signé. Pour l'instant, les autorités de Séoul indiquent être disposées à accueillir les hommes si toutes les conditions sont remplies.
Des chiffres contradictoires et ce qu'ils nous apprennent
Les sources divergent quant à l'ampleur du déploiement nord-coréen et au nombre de victimes. Un rapport fait état de plus de 10 000 soldats envoyés en 2024, avec environ 2 000 morts à ce jour. Un autre rapport avance le chiffre de 15 000 hommes déployés depuis octobre dernier, avec environ 600 morts et plus de 4 000 blessés. Ces différences peuvent s'expliquer par des périodes, des méthodes ou un accès à l'information différents.
De telles lacunes sont fréquentes dans les rapports de guerre. Les analystes examinent généralement des fourchettes de chiffres qui se chevauchent plutôt que des estimations ponctuelles. Si l'on compte au moins plusieurs milliers de soldats et des centaines, voire des milliers, de victimes, l'ampleur de l'implication de la Corée du Nord est significative. Le fait que des prisonniers de guerre nord-coréens cherchent à rejoindre la Corée du Sud laisse également entendre qu'une partie du personnel, une fois hors de leur unité d'origine, envisagera d'autres options lorsqu'elle entrevoira une possibilité de réinstallation.
Récits politiques à Pyongyang et à Moscou
Les médias d'État nord-coréens ont salué le déploiement des unités à l'étranger, les décrivant comme affectées à une mission des plus importantes. Les dirigeants russes et nord-coréens ont renforcé leurs liens militaires par des cérémonies et des déclarations publiques. Ces discours contrastent fortement avec la réalité des prisonniers détenus en Ukraine qui demandent à être rapatriés au Sud. Le fait que des prisonniers de guerre nord-coréens souhaitent rejoindre la Corée du Sud n'est pas un message que Pyongyang souhaite diffuser, car il nuit à son image d'unité et de détermination.
Pour Moscou, la présence de troupes étrangères alliées vise à projeter une image de profondeur et de partenariat. La visibilité des soldats étrangers capturés complexifie les échanges de prisonniers, les opérations de renseignement et le moral des troupes sur le champ de bataille. La décision de l'Ukraine de rendre publiques ses captures, notamment le message précédent du président Volodymyr Zelensky, montre que Kiev perçoit un intérêt stratégique à mettre en lumière l'identité de ceux qui combattent aux côtés de la Russie et les conséquences de la détention de ces soldats.
